Breastfeeding
...je plains aussi cette pauvre femme huguenote qui, en 1685, sous
Louis le Grand, monsieur, allaitant son enfant, fut liée, nue jusqu’à
la ceinture, à un poteau, l’enfant tenu à distance; le sein se gonflait
de lait et le cœur d’angoisse; le petit, affamé et pâle, voyait ce
sein, agonisait et criait; et le bourreau disait à la femme, mère et
nourrice: Abjure! lui donnant à choisir entre la mort de son enfant et
la mort de sa conscience.
—Victor Hugo. Les Misérables, première partie, livre premier, un juste, chapitre X
A cette table était assis un homme d’une
quarantaine d’années, à la figure joyeuse et ouverte, qui faisait
sauter un petit enfant sur ses genoux. Près de lui, une femme toute
jeune allaitait un autre enfant. Le père riait, l’enfant riait, la mère
souriait.
—Victor Hugo. Les Misérables, première partie, livre deuxième, la chute, chapitre I
...elle regardait sa fille endormie dans ses bras avec cet air particulier d’une mère qui a nourri son enfant.
—Victor Hugo. Les Misérables, première partie, livre quatrième, confier, c’est quelques fois livrer, chapitre I
Fantine avait nourri sa fille; cela lui avait fatigué la poitrine, et elle toussait un peu.
—Victor Hugo. Les Misérables, première partie, livre quatrième, confier, c’est quelques fois livrer, chapitre I
...aie pitié de toi-même, misérable enfant,
tout jeune, qui tétais ta nourrice il n’y a pas vingt ans, et qui as
sans doute encore ta mère.
—Victor Hugo. Les Misérables, quatrième partie, livre quatrième, secours d’en bas peut être secours d’en haut, chapitre I
...un joli mari, brave garçon, et au bout d’un
an, un gros mioche blond qui vous tète gaillardement, et qui a de bons
plis de graisse aux cuisses, et qui vous tripote le sein à poignées
dans ses petites pattes roses en riant comme l’aurore, cela vaut
pourtant mieux que de tenir un cierge à vêpres et de chanter Turris
eburnea!
—Victor Hugo. Les Misérables, cinquième partie, livre cinquième, le petit-fils et le grandpère, chapitre III
Seigneur! Seigneur! pour me l'ôter ainsi, vous
m'aviez donc jamais regardée avec elle, lorsque je la réchauffais toute
joyeuse à mon feu, lorsqu'elle me riait en me tétant, lorsque je
faisais monter ses petits pieds sur ma poitrine jusqu'à mes lèvres?
—Victor Hugo. Notre-Dame de Paris. VIII 5
Elle allaita elle-même son enfant, lui fit des
langes avec sa couverture, la seule qu'elle eût sur son lit, et ne
sentit plus ni le froid ni la faim. Elle en redevint belle.
—Victor Hugo. Notre-Dame de Paris. IV 3
...si on allait leur apporter ce petit monstre à allaiter. J'aimerais mieux donner à téter à un vampire.
—Victor Hugo. Notre Dame de Paris. IV 1
Le petit Jehan avait perdu sa mère, qu'il tétait encore. Claude le mit en nourrice.
—Victor Hugo. Notre Dame de Paris. IV 2
L'Academie de médecine (1890?), consultée par
le ministère de l'Intérieur sur la question de la mortalité des enfants
du premier âge, fit, au cours d'une séance mémorable, cette importante
déclaration: Ce sont les biberons qui ne peuvent pas se nettoyer très
facilement, en particulier les biberons à tube, qui tuent en les
empoisonnant la plupart des nourrisons. Ces biberons à tube sont de
véritables instruments d'infanticide.
—Marie-Claude Delahaye. Tétons et tétines. Histoire de l'allaitement. Editions Trame Way. Paris. 1990. page 121
Le Dr. Caron proposa ce qu'il appelait le
biberon physiologique: composé uniquement de lait de vache ou de tout
autre animal, dont le médecin aura fait le choix, dilué par de l'eau
pure dont les proportions dans le lait varient suivant l'âge du
nouveau-né.
—Marie-Claude Delahaye. Tétons et tétines. Histoire de l'allaitement. Editions Trame Way. Paris. 1990. page 116
C'est une des causes des psychoses des enfants
aujourd'hui. Chacun est porteur d'un capital génétique qui lui permet,
ou ne le permet pas, de supporter des ruptures sans qu'elles soient
préparées, ou médiatisées, par la parole ou les gestes porteurs de
rythmes comme l'allaitement, le bercement ou le portage.
—Françoise Dolto, pédopsychiatre, dans le Courrier de l'Unesco, septembre 1993
Autrefois, un enfant retrouvait aussi souvent
qu'il le désirait le rythme de cette existence pulsionelle. Quand il
était porté et allaité par sa mère, les vibrations de la voix
maternelle parvenaient jusqu'à son estomac. Si une mère parle à son
bébé en lui donnant la tétée, les vibrations de sa voix seront bien sûr
portées par le courant liquide bien chaud qui entre à l'intérieur de
lui et dépose en son corps même une inscription langagière d'amour...
—Françoise Dolto, pédopsychiatre, dans le Courrier de l'Unesco, septembre 1993
L'allaitement prolonge au dehors un lien
liquide avec l'intérieur du corps de la mère, lien proche de celui que
le bébé a connu avec son placenta à l'intérieur de l'uterus.
—Varenka Marc. Le bébé et le saint. le Courrier de l'Unesco. Septembre 1993
L'allaitement maternel donne lieu à bien plus de difficultés et
d'embarras que l'allaitement par les nourrices. Il faut bien convenir
que la mère qui nourrit son enfant s'impose une tâche bien difficile,
bien pénible à remplir. Il est bien plus simple de se décharger de tous
ces soins sur une nourrice.
—Chailly H. De l'éducation physique des
enfants depuis la naissance jusqu'au sevrage. in Traité de l'art des
accouchements. 2e édition, Paris, J.-B Baillère, 1845, p 818
Chaque émotion un peu vive modifie la
sécrétion lactée et ce serait dès lors exposer l'enfant à une série de
convulsions, de diarrhées de la plus haute gravité que de permettre
l'allaitement dans de telles conditions.
—Alphandery. Nourrices. in, La Grande Encyclopédie, 1885
Where, boundless nature, can I hold you fast?
And where you breasts? Wells that sustain
All life--the heaven and the earth are nursed.
Wo fass ich dich, unendliche Natur? 455
Euch Brüste, wo? Ihr Quellen alles Lebens,
An denen Himmel und Erde hängt
—Goethe. Faust
The child, offered the mother's breast,
Will not in the beginning grab it;
But soon it clings to it with zest.
And thus at wisdom's copious breasts
You'll drink each day with greater zest.
So nimmt ein Kind der Mutter Brust
Nicht gleich im Anfang willig an,
Doch bald ernährt es sich mit Lust.
So wird's Euch an der Weisheit Brüsten
Mit jedem Tage mehr gelüsten.
—Goethe. Faust. Mephistopheles speaking to the student
Son double sein versait dans les immensités
Le pur ruissellement de la vie infinie.
L'Homme suçait, heureux, sa mamelle benie
Comme un petit enfant, jouant sur ses genoux.
—Artur Rimbaud, Soleil et Chair
L'asile le plus sûr est le sein d'une mère.
—Jean-Pierre Claris de Florian. La mère, l'enfant et les sarigues
Les seules vacances de l'homme sont les neufs mois qu'il passe dans le sein maternel.
—San-Antonio. Je le jure (1975) Stock
Por
algún tiempo su marido perdió sus señas, pero de tanto buscarla dio con
ella en un hospital de campaña, donde yacía postrada sin recordar su
nombre, la memoria borrada, sin pasado ni futuro, con el niño prendido
al pecho.
—Isabel Allende. De amor y de sombra
Tenía el mismo rostro sereno y oscuro de Digna
Ranquileo, sus manos cuadradas y las caderas amplias, perio no se
sentía su hija, porque la acunaron en la infancia los brazos de la otra
y sus senos la amamantaron al nacer.
—Isabel Allende. De amor y de sombra
Al entrar le pusieron un parche con un número
en la muñeca, le afeitaron sus partes puderosas, la bañaron con agua
fría y desinfectante, sin considerar la posibilidad de secarle la leche
para siempre.
—Isabel Allende. De amor y de sombra
La niña empezó a llorar y Digna, con un gesto antiguo como la historia, abrió su camisón y se la puso al pecho...
—Isabel Allende. De amor y de sombra
Clara...las recibió con un niño en cada pecho...
—Isabel Allende. La Casa de los Espirítus
...le ponía miel de abejas en los pezones para
que no se le agrietaran, le daba de comer cáscara molida de huevo para
que tuviera buena leche...
—Isabel Allende. La Casa de los Espíritus
Tomó a la niña en los brazos y no la soltó
más, andaba con ella prendida al pecho, dándole de mamar en todo
momento, sin horario fijo y sin contemplaciones con las buenas maneras
o el pudor, como una indígena. No quiso fajarla, cortarle el pelo,
abrirle hoyos en las orejas o contratarle una aya para que la criara y
mucho menos recurrir a la leche de algún laboratorio, como hacían todas
las señoras que podían pagar ese lujo. Tampoco aceptó la receta de la
Nana de darle leche de vaca diluida en agua de arroz, porque concluyó
que si la naturalez hubiera querido que los humanos se criaran así,
habría hecho que los senos femeninos secretaran ese tipo de producto.
—Isabel Allende. La Casa de los Espíritus
La combinación de leche materna y conversación tuvo la virtud de transformar a Blanca en un niña saludable...
—Isabel Allende. La Casa de los Espíritus
Detestaba...las críticas constantes a su manera de...darle de mamar al niño sin cubrirse el seno con la mantilla.
—Gabriel García Márquez. El amor en los tiempos del cólera
La petite créature nous parut d'abord
étrangère. De plus, notre mère lui donnait le sein, ce qui me choquait
beaucoup et qui effrayait Paul. Il disait: "Elle nous la mange quatre
fois par jour."
—Marcel Pagnol. La Gloire de mon Père
La mère baigne, talque, lange, berce, caresse
sa fille, à longueur de journée. Lui parle comme à un Dieu qu'on adore.
La garde le plus longtemps possible tout contre sa poitrine nue, sous
une blouse ample, choisie à cet effet. Échange infini de chaleur et de
senteur. Peau contre peau. Lui donne le sein, sans horaire fixe, comme
une chatte nourrit son chaton. La lèche de la tête aux pieds. Ira
jusqu'à prétendre que, si sa fille pleure un instant, c'est parce
qu'elle a perdu l'odeur de sa mère.
—Anne Hébert. Le Premier Jardin. Éditions du Seuil. 1988
Toute cette marmaille à porter et à mettre au
monde, à élever au sein, à sevrer. Occupation de mes jours and e mes
nuits. Cela me tue et me fait vivre tout à la fois. Je suis occupée à
plein temps. Onze maternités en vignt-deux ans. Terre aveugle, tant de
sang et de lait, de placenta en galettes brisées.
—Anne Hébert. Kamouraska
Mon second fils hurle toute la nuit. Je n’ai
presque plus de lait. Ma belle-mère me dit de dormir et de prendre une
nourrice. Je cherche une femme laide, pas trop jeune, qui soit propre
et qui ait du lait.
—Anne Hébert. Kamouraska
Le cœur qui se déplace à grand fracas dans mon
corps. Cogne à ma tempe, dans mon cou, à mon poignet. Mon fils
dernier-né goûte-t-il la saveur forte de ma folie, à chaque gorgée de
lait mousseux qui coule de ma poitrine?
—Anne Hébert. Kamouraska
Que savez-vous de cette femme? Voyez comme elle donne le sein tendrement a son trosième fils.
—Anne Hébert. Kamouraska
Un bouquet d’abeilles endormies entre mes
doigts. Tous mes enfants me font cortège. Le plus noir d’eux tous, qui
est aussi le plus petit dort dans l’anse de mon bras droit. Il
entrouvre mon corsage immaculé de jeune mariée. Un seinsurgit, plein de
lait.
—Anne Hébert. Kamouraska
Mais se vengeant de la morose indifférence
avec laquelle sa mère l'avait souvent nourri les premiers jours,
Emmanuel feignait de l'oublier, en lui préférant les rudes caresses de
sa grand-mère. Mais à peine s'était-elle approchée de lui le soir,
qu'il cherchait son sein de ses lèvres assoiffées.
—Marie-Claire Blais. Une saison dans la vie d'Emmanuel
Pour se consoler de la disparition de son
fils, découvrant sans doute que Jean le Maigre, comme plusieurs de ses
enfants, lui était plus cher mort que vivant--la mère se tournait vers
Emmanuel et le sevrait nerveusement de son sein flétri.
—Marie-Claire Blais. Une saison dans la vie d'Emmanuel
N'ayant jamais connu la douceur du sein maternel, il était ennemi des femmes et des mères depuis sa naissance.
—Marie-Claire Blais. Une saison dans la vie d'Emmanuel
Il rêvait du sein de sa mère qui apaiserait sa soif et sa révolte.
—Marie-Claire Blais. Une saison dans la vie d'Emmanuel
Il a tout pris du cœur de sa mère, il a bu tout le lait de sa bouche avide et maintenant il feint de dormir...
—Marie-Claire Blais. Une saison dans la vie d'Emmanuel
Sa mère le prend dans ses bras. Elle le
protège maintenant de son corps fragile, elle soutient sa tête afin
qu'il mange et boive en paix.
—Marie-Claire Blais. Une saison dans la vie d'Emmanuel
—Par ta faute, dans quesques mois, mon corps sera difforme. —Difforme,
un ventre qui s'arrondit comme la terre? Difformes des sseins qui
s'irriguent de lait, que tendent leurs lèvres brunes vers les lèvres de
l'enfant, des bras qui serrent la chair contre chair, et ce visage
incliné? Dieu, c'est la plus belle image qu'un mortel puisse
contempler.
—Amin Maalouf. Le premier siècle après Béatrice. chapitre I
Un jour, Emma fut prise tout à coup du besoin de voir
sa petite fille, qui avait été mise en nourrice chez la femme du
menuisier, et sans regarder à l'almanach si les six semaines de la
Vierge duraient encore, elle s'achemina vers la demeure de Rollet...
—Flaubert. Madame Bovary
Note dans l’édition Thierry Laget (Folio Classique) sur les six semaines de la Vierge :
c’est le délai de six semaines qui dans la vie de la Vierge, sépare la
Nativité (25 décembre) de la Purification (2 février), et que doivent
en son honneur respecter les accouchées, entre la délivrance et les
relevailles. D’après « une croyance très répandue », « jusqu’à ce que
la cérémonie des rlevailles ait été accomplie, la femme est exposée et
expose les autres (sa famille, notamment) à de nombreux inconvénients,
[…] En France, on croit que si elle va chez une nourrice, elle fait
tarir le lait, que son entrée empêchera le linge de blanchir, qu’elle
fait aigrir le vin et que l’eau des pouit et des fontaines où elle
puise devient trouble et se change en sang » (P. Sébillot, cité par J.
–M. Privat, Bovary Charivari, essai d’ethno-critque, CNRS éditions,
1994, p. 43).
O Dâman, ô ma mère, toi qui me portas sur le dos, toi qui
m'allaitas, toi qui gouvernas mes premiers pas, toi qui la première
m'ouvris les yeux aux prodiges de la terre, je pense à toi...
—Camara Laye, de la dedication de son livre L'enfant noir
On avait déjà bu des vins du Rhin, de Hongrie
et de France; Jacqueline dégrafa son corsage de drap d'argent, et
commanda qu'on lui apportât son fils cadet, point encore sevré, qui
avait soif aussi. Henri-Juste et sa femme aimaient à exhiber cet enfant
tout neuf qui les rajeunissait.
Le sein aperçu entre les plis du linge fin charma les convives.
--On ne pourra nier, dit Madame Marguerite, que celui-là n'ait tété le lait de bonne mère.
—Marguerite Yourcenar. L'Œvre au Noir
Inerte dans son lit d'accouchée, elle regarda
avec indifférence les bonnes emmailloter cette petite masse brunâtre à
la lueur des braises du foyer. ...elle ne jetait qu'un coup d'œil à son
fils tétant goulûment une servante.
—Marguerite Yourcenar. L'Œuvre au Noir
Mais le sein de Juliette finit par tarir. Benoît-Quentin approachait ses deux ans lorsqu'il décida de se détourner de ce sein.
—Sylvie Germain. Le Livre des Nuits
Il apparut en effet qu'Hortense ne pouvait
nourrir son enfant. Ses seins n'avaient pas de lait, ils étaient gorgés
de boue. Seule Juliette avait du lait et ce fut elle qui allaita
Benoît-Quentin.
—Sylvie Germain. Le Livre des Nuits
Et l'aube toujours le suprenait comme une nouvelle remise au monde de
son corps confondu à celui de sa femme dont les seins, depuis la
naissance de leur fils, ne cessaient de porter un lait au goût de coing
et de vanille. Et de ce lait il s'abreuvait.
—Sylvie Germain. Le livre des Nuits
...j'ai sauté sur le sein de ma mère et me suis régalée de son lait.
—Bertrand Gauthier. Ani Croche (livre d'enfant)
Il doit pourtant y avoir des raisons à cette manie masculine qu'ont du sein les trop tôt sevrés.
—Günter Grass. Le Turbot
Pour l’instant, j’essaie seulement de survivre
entre deux montées de lait. Mes seins sont tellement irascibles qu’il
suffit que je les regarde de travers pour qu’ils m’élancent et se
mettent à pisser une rivière.
Dès que Bébé approche, ils ne se possèdent plus. Les voilà qui
s’excitent et s’énervent, qui se tendent et s’arcboutent comme les
valves d’un bar laitier. Ils sont la preuve vivante que l’instinct
maternel existe, bien que je n’aie rien fait pour le provoquer.
Julie a vécu ça mieux que moi. Elle venait à peine d’accoucher
qu’elle s’envolait pour un colloque en Europe, ses dossiers et son bébé
sous le bras. Entre deux exposés sur la biolgie moléculaire, elle
s’éclipsait pour allaiter le fruit de ses entrailles. Un sein à l’air
et l’autre en détention, Julie adore être en présentation.
—Natalie Petrowski. Maman Last Call
Peste! Madame, la nourrice, comme vous
dégoisez! Taisez-vous, je vous prie; vous prenez trop de soin, et vous
échauffez votre lait.
—Molière. Le Médecin malgré lui. Géronte à Jacqueline. Acte II, Scène première
Ah! nourrice, charmante nourrice, ma médecine est la très humble
esclave de votre nourricerie, et je voudrais bien être le petit poupon
fortuné qui tétât le lait (il lui porte la main sur le sein) de vos
bonnes grâces.
—Molière. Le Médecin malgré lui. Sganarelle à Jacqueline. Acte II, Scène 2
SGANARELLE, en voulant toucher les tétons de la Nourrice.—Mais comme je
m’intéresse à toute votre famille, il faut que j’essaye un peu le lait
de votre nourrice, et que je visite son sein.
LUCAS, le tirant, en lui faisant faire la pirouette.—Nanin, nanin; je n’avons que faire de ça.
SGANARELLE.—C’est l’office du médecin de voir les tétons des nourrices.
—Molière. Le Médecin malgré lui. Sganarelle et Lucas. Acte II, Scène 2
Il était chez lui, comme s’il avait regagné son foyer, retrouvé la chaleur du sein maternel.
—Naïm Kattan. La fortune due passager.
Et on fit venir pour lui dix-sept mille neuf
cents vaches de Pontille et de Bréhémont pour l’allaiter
quotidiennement. Car on ne put trouver de nourrice convenable dans tout
le pays, en raison de la grande quantité de lait nécessaire pour
l’alimenter, bien que certains docteurs scotistes aient affirmé que sa
mère l’allaita et qu’elle pouvait tirer de ses mamelle quatorze cents
pipes de lait à chaque fois, ce qui n’est pas vraisemblable;
—François Rabelais. Gargantua. Chapitre VI
—Pourquoi, dit Gargantua, Frère Jean a-t-il un nez si avantageux?
—Parce que, répondit Grandgousier, Dieu l’a voulu ainsi, lui qui
nous façonne à sa guise, selon son divin choix, comme un potier façonne
ses vases.
—Parce que, dit Ponocrates, il fut dans les premiers à la foire des nez. Il a pris parmi les plus beaux et les plus grands.
—Holà! dit le Moine. Selon la vraie philosphie monastique, c’est
parce que ma nourrice avait les tétons un peu mous: en la tétant, mon
nez s’y enfonçait comme dans du beurre, et là il levait et croissait
comme la pâte dans le pétrin. Les seins durs des nourrices rendent les
enfants camus.
—François Rabelais. Gargantua. Chapitre XXXVIII
Son visage s’illumina lorsqu’il comprit l’acte sublime de l’allaitement maternel...
—Guy des Cars. La Brute
Elle était en train de donner le sein au petit
Simon; elle n’en oubliait pas pour autant le thé et à chaque instant se
levait, allait à la cuisine, en revenait, le bébé pendu à sa mamelle:
une femme qui allaite, c’est sacré, et le sein de Hannê ballottait à
l’air libre, en toute innocence.
—Roger Ikor. Les Fils d’Avrom. La Greffe de Printemps (Prix Goncourt 1955)
—Tiens! prends-la, je l’écraserai... Nom de
Dieu d’enfant! ça ne manque de rien, ça tète, et ça se plaint plus haut
que les autres!
...Mais la mère restait maintenant les yeux ouverts dans
l’obscurité, tandis que, tirant sur sa mamelle pendante de femme
épuisée, Estelle ronronnait comme un petit chat.
—Emile Zola. Germinal. Première Partie, chapitre II
...Pas un souffle ne venait du cabinet, où la
Maheude s’était rendormie en faisant téter Estelle, la gorge coulée de
côté, sa fille en travers du ventre, gorgée de lait, assommée elle
aussi, et s’étouffant la chair molle des seins.
—Emile Zola. Germinal. Deuxième Partie, chapitre II
Noun était la soeur de lait de madame Delmare; ces deux jeunes personnes, élevées ensemble, s’aimaient tendrement.
—George Sand. Indiana. Première Partie, chapitre II
L’enfant s’était apaisé au contact du tiède corps maternel. On l’entendait téter avec un halètement goulu.
Et, parmi ce chaos, la lumière des yeux amis qui lui sourient,
le flot de joie qui, du corps maternel, du sein gonflé de lait, se
répand dans sa chair...
—Romain Roland. Jean-Christophe. Chapitre I (L’aube)
Ainsi, à une époque difficile à jamais
mémorable pour Pierre, après la naissance d’un premier enfant chétif,
lorsqu’ils durent changer trois fois de nourrice et que Natacha tomba
malade de désespoir, Pierre lui parla un jour des idées de Rousseau,
qu’il partageait entièrement, sur ce qu’avait de peu conforme à la
nature le recours aux nourrices et le danger que cela représentait.
Avec l’enfant suivant, malgré l’opposition de sa mère, des médecins et
jusqu’à celle de son mari qui s’élevaient contre sa décision de nourrir
elle-même trouvant la chose inouïe et néfaste, elle tint bon et depuis
lors nourrit elle-même tous ses enfants.
..........................................
...Et elle s’en allait dans la chambre des enfants donner le
sein à son fils unique Petia. Personne ne pouvait lui dire tant de
choses apaisantes, raisonnables que ce petit être de trois mois,
pendant qu’il reposait contre son sein et qu’elle sentait le mouvement
de ses lèvres et le souffle de son petit nez. Cet être disait : « Tu te
fâches, tu es jalouse, tu voudrais te venger de lui, tu a peur, mais je
suis là... » Et il n’y avait rien à répondre. C’était plus que la
vérité.
Natacha, durant ces quinze jours d’inquiétude, avait eu
sisouvent recours à l’enfant pour la calmer, elle s’était tant occupée
de lui, qu’elle l’avait suralimenté et qu’il était tombé malade.
—Tolstoï. La Guerre et La Paix. Epilogue
Elle était heureuse d’être seule avec le petit
qui tétait, la joue appuyée sur le sein nu. Quand elle le changea de
côté, il avait une partie du visage moite, rouge et brillante comme une
cerise, et le dessin de la mamelle s’y était imprimé en creux ; elle
l’embrassa doucement.
Cette jeune femme assise sur une chaise basse, son enfant dans
ses bras, un sein délicieux à demi nu brillant dans l’ombre, cette
ravissante figure aux joues vermeilles, au front et au menton très
blancs, valait à elle seule un tableau.
—Irène Némirovsky. Suite française. Dolce, chapitre 5
Child Care
...les mères aiment souvent le mieux l'enfant qui les a fait le plus souffrir.
—Victor Hugo. Notre Dame de Paris. IV 3
Dans les sociétés occidentales, le mode de vie
sophistiqué, trop éloigné du naturel, provoque des ruptures brutales
dans la dyade mère-bébé, ruptures qui amènent des souffrances. Car, en
fait, une réelle et saine séparation n'a pas pu avoir lieu.
—Françoise Dolto, pédopsychiatre, dans le Courrier de l'Unesco, septembre 1993
La séparation se fait dans la souffrance et ne
permet pas d'accéder à une vie sociale saine. Ce qui expliquerait en
grande partie l'augmentation des suicides de jeunes, la toxicomanie et
la déliquance, symptômes de ces séparations précoces qui n'ont pas
laissé le temps nécessaire à l'élaboration de l'attachement.
—Varenka Marc. Le bébé et le saint. le Courrier de l'Unesco. Septembre 1993
...l'arrière de la tête, où les cheveux font
un rond...c'est là, très précisement qu'ils sentent le plus bon. Là,
ils sentent le caramel, cela sent si bon, c'est une odeur si
merveilleuse...Quand on les a sentis à cet endroit-là, on les aime, que
ce soient les siens ou les enfants des autres.
—Patrick Süskind. Le Parfum. Fayard (traduit de l'allemand par Bernard Lortholary)
Medicine
—Je sais, moi, si oui ou non, les bébés naissants vont vivre. C’est
pourtant facile. Tout de suite après leur naissance, quand la bonne
femme les a bien lavés, moi, je les lèche, de la tête aux pieds, les
bébés. Et puis, quand ils goûtent trop salé, ça veut dire qu’ils vont
mourir.
—Anne Hébert. Kamouraska
...il avait, disaient les médecins, une fièvre
bilieuse. Malgré les soins qu’ils lui prodiguèrent, malgré les saignées
et les médicaments, il se rétablit.
..........................
...il se crût obligé, comme tout médecin, de se donner l’air
d’un homme dont chaque instant est précieux pour l’humanité
souffrante...
—Tolstoï. La Guerre et La Paix
Media, Adverstising
...les moyens d'information répandent l'inconscience aussi
sûrement que la lumière répand l'ombre; plus le projecteur est
puissant, plus l'ombre est épaisse.
—Amin Maalouf. Le premier siècle après Béatrice (chapitre D)
...c'était une époque où il faillait s'émouvoir instantanément de tout et ne se préoccuper durablement de rien.
—Amin Maalouf. Le premier siècle après Béatrice (chapitre D)
Miscellaneous
Telle est la faiblesse de notre raison: elle ne sert le plus souvent qu'à justifier nos croyances.
—Marcel Pagnol. La Gloire de mon Père
Vous vous exaggérez l'hypocratie des hommes,
dit le capitain en haussant les épaules. La plupart pensent trop peu
pour penser double.
—Marguérite Yourcenar. L'Œvre au Noir
L'heureux mariage de l'uniformité et de la liberté, qu'est-ce que l'humanité peut souhaiter de mieux?
—Milan Kundera, L'immortalité
Commence ainsi à s'installer la "civilisation" par l'esclavage, le "progrès" par la génocide.
—Jacques Attali. 1492
Colomb a le choix: soit sa théorie est fausse
et il s'agit d'un continent nouveau ou pour le moins d'une grande
péninsule; soit c'est le Paradis terrestre. Fidèle à lui-même, il
retient la seconde hypothèse.
—Jacques Attali. 1492
...au moment où l'homme croit triompher des
épidémies, où peste et lèpre reculent et s'estompent, une maladie
nouvelle surgit du bout du monde et boulverse toute la conception qu'on
peut avoir en Europe de la transmission du mal: la syphilis.
—Jacques Attali. 1492
Le calembour est la fiente de l’esprit qui vole.
—Victor Hugo. Les Misérables, première partie, livre troisième, en l’année 1817, Chapitre VII
(Il)...était un de ces hommes de calcul qui naissent avec une plume
derrière l’oreille et un encrier à la place du cœur; tout était pour
lui dans ce monde soustraction ou multiplication, et un chiffre lui
paraissait bien plus précieux qu’un homme,...
—Alexandre Dumas. Le Compte de Monte Cristo (Le Soir des Financailles)
En politique...il n’y a pas d’hommes, mais des
idées; pas de sentiments, mais des intérêts; en politique, on ne tue
pas un homme: on supprime un obstacle, voilà tout.
—Alexandre Dumas. Le Compte de Monte Cristo (Le Père et le Fils)
Compiled by Dr. Jack Newman
Revised December 2006
|